par Doumafis Lafontan
Introduction
Il nest une surprise pour personne que le statut économique et social détermine la situation défavorable où se trouve la majorité des Haïtiens, principalement les enfants.[1] De ce fait, pour protéger ces enfants et leurs familles, il serait préférable dappliquer des programmes anti-pauvreté et dautres interventions adaptées au milieu où ils se trouvent. Nous postulons que tout effort conçu comme plan politique, stratégie, etc. (telle que la loi sur la paternité) est voué à léchec, parce que dans un cas pareil la culture nationale nest pas considérée comme atout. Pour cela nous allons montrer comment les Haïtiens peuvent reprendre le leadership du pays, ce qui nest pas le cas aujourdhui.
Pour écrire ce court essai, nous avons révisé tout une série darticles sur léducation, la santé publique, et ladministration publique. Nous avons trouvé le modèle de Paolo Freire très intéressant parce que lauteur nous invite à éviter le bourrage de cerveau.[2] Tandis que le modèle selon lequel la santé est déterminée par le social[3] permet de concevoir des interventions à partir du milieu où se trouvent les populations ciblées ainsi que leur participation. Cependant, ces modèles ont été conçus à cause de la prévalence de manque qui existe parmi les pauvres et moins pauvres. Donc nous voulons changer la lentille par laquelle la nation haïtienne se perçoit, et pour atteindre cet objectif nous nous sommes penchés sur le savoir vivre comme modèle préféré pour améliorer la tradition et lhéritage historique de notre fière Ayiti (Haïti).
Avant de continuer, nous tenons à faire remarquer aux lecteurs la façon dont nous voulons poursuivre ce dialogue qui est une quête pour faire valoir la nécessité de léquité sociale, doit être considérée comme condition sine qua non pour que la nation haïtienne puisse se stabiliser. Nous allons passer en revue le contexte historique et social, ensuite nous proposons de mettre en évidence la culture nationale, pour finir nous entamerons une discussion et puis une conclusion.
Le contexte historique et social
Dans son bulletin hebdomadaire daté le lundi 13 juin, la Radio Métropole a annoncé, « l'Unicef plaide pour le respect des droits des enfants vulnérables ».[4] Cependant, nous tenons à faire remarquer à la nation haïtienne que cette plaidoirie pour la protection des enfants ne doit pas être transformée en politique déstabilisatrice de la culture nationale. Pour cela, nous allons retracer brièvement le parcours de ce plan qui est en train dêtre exporté vers Haïti à fin de promouvoir la responsabilité individuelle ; nous voulons dire, le support aux enfants.[5]
Circa 1996, le gouvernement des États-Unis (E.U.) décide déliminer laide aux familles qui soccupent des enfants communément appelée bien-être social.[6] Le gouvernement adopte une loi qui exige que les parents assument leurs responsabilités familiales, ensuite lassistance aux enfants est limitée à deux ans et après cette période de temps les parents doivent trouver du travail. Lun des résultats de cette loi est laccélération de lincarcération dun grand nombre de pères de famille qui ne peuvent pas payer parce quils sont dans limpossibilité de travailler.[7]
Quand nous considérons, par exemple, la différence qui existe entre les E.U. et Ayiti, il est inconcevable de proposer la modification du comportement des Haïtiens par un plan de développement pour la communauté dascendance africaine qui réside aux EU. Le problème majeur dont font face ces familles africaines aux E.U. se situe dans la façon dont elles ont été libérées du joug de lesclavage. Contrairement, aux Africains qui étaient en esclavage à Saint Domingue (Hispaniola) et qui se sont battus pour leur liberté, ceux des E.U. un bon jour se sont vus déclarés libres par les maîtres desclaves sans que ces dernier eussent à leur donner une quelconque responsabilité. Tandis que dans le cas dHaïti, les ancêtres africains avaient réussi à briser les chaînes de lesclavage, et fonder une nation libre et indépendante.
Donc il ny a pas lieu de comparer le vécu haïtien et celui des E.U. Dailleurs, beaucoup détudes montrent que le racisme est lune des causes qui empêchent la communauté africaine aux E.U. de sépanouir pleinement.[8] Or le racisme est devenu systémique par le biais de la constitution des E.U., esprit, et loi telle que Jim Crow. Ce qui veut dire, il ne saurait être question dapprendre les Haïtiens à assumer leur responsabilité puisque la guerre de lindépendance a été lacte ultime de la responsabilité individuelle devenue nation et culture, par culture nous voulons dire le savoir vivre dont font montre les Haïtiens.
Les atouts de la culture nationale
Il est généralement accepté que ceux qui se mettent à évaluer les besoins des autres ont besoin de ces genres détudes. Autre point important à soulever au sujet de la collection de données sur le besoin : faire référence sur la situation de dépendance de ces populations par rapport aux chercheurs bon coeur. Cest de ce carcan infernal que lon doit oeuvrer à retirer Haïti, ce qui ne peut se faire que par lutilisation de la culture nationale comme atout. Le fait de porter une attention particulière sur ce que nous possédons permettra un changement de prisme ; cest-à-dire, la façon dont nous regardons la réalité, tout aussi que nous-mêmes. Et si aujourdhui il y a des parents haïtiens qui ne soccupent pas de leurs enfants, lemphase doit être placée sur les moeurs, coutume, et tradition qui ne peuvent saméliorer que par « lÉcole du Merveilleux, plutôt haïtienne ».[9]
Dès lors, on se met à faire linventaire des ressources, atouts, connaissance, etc., que possède la nation haïtienne. De ce fait, on passe du niveau de faiblesse à celui de force, puissance et influence pour changer notre environnement, milieu, condition, etc. Nous navons pas de doute que Price-Mars savait éventuellement que nous entamerions une étude sur les valeurs intrinsèques de la culture haïtienne. Nous sommes heureux de concéder que choisir est à la base dune telle recherche. Cependant, nous devons ajouter, à part le choix de préférer nos propres valeurs, nous voulons démontrer à la nation haïtienne la connaissance de ses valeurs.[10] Au lieu de comparer les Haïtiens aux autres populations dépossédées, les amis dHaïti deviendront beaucoup plus utiles le jour ils se mettent a honorer, respecter, et supporter la culture nationale et le développement autonome dHaïti. Cela ne veut pas dire que nous sommes en train de prôner une position particulière pour Haïti, par exemple, noiriste, négritude, etc., de préférence nous voulons exiger que ces Amis dHaïti se retirent afin que cette dernière puisse prendre place librement parmi les nations éclaireuses du monde.
Il nest plus inconcevable, point du tout, de voir les Haïtiens anxieux de résoudre tous leurs problèmes socio-politiques sans avoir à recourir à lassistance des pays amis. Nous ne pouvons imaginer les ancêtres africains en situation dattente pour leur liberté. Et comme disait Camus, « Si la liberté devrait dépendre de ses oppresseurs, elle resterait au stade infantile ».
Discussion
Dans un pays comme Haïti où un nombre important de la population reçoit moins de $30.00 par année,[11] voter une loi qui exige un paiement mensuel comme support à un enfant naura dautre résultat que de transformer les parents pauvres en criminels. Par exemple, aux E.U. à cause de cette accélération de la criminalité des gens de couleur, qui reçoivent des salaires moyens et bas, il y a plusieurs villes qui fonctionnent grâce au système pénitencier.[12] Lun des effets corollaires de lincarcération de ces parents qui se trouvent dans limpossibilité de verser ces montants mensuels, est létiquette apposée sur ces personnes qui deviennent de vraie intouchables, pires que ceux qui vivent en Inde puisque ceux qui sortent des prisons aux E.U. éprouvent de grandes difficultés à trouver du travail.[13] Donc, pour nous cette tendance à criminaliser les gens pauvres par la loi ne doit pas se propager en Haïti.
En fin de compte, nous devons admettre que nous avons affaire avec une classe sociale transnationale qui, incapable dassurer un boulot pour tout un chacun, préfère culpabiliser les pauvres. De notre côté, nous avions choisi dentreprendre cette discussion de façon à lorienter vers léquité (sociale et économique) qui est nécessaire pour diriger Haïti vers le combat contre la pauvreté.[14]
Conclusion
Cet essai est trop bref pour être conclusif, de préférence il est une façon dencourager plus de dialogue sur la condition des enfants et familles pauvres en Haïti. Cependant, nous avons dépisté un savoir prometteur de prospérité et de bonne santé qui nest dautre voie que « kilti nou kapab devlope nou »,[15] ce qui veut dire, nous pouvons faire le développement par notre culture et vivre par notre savoir.
Doumafis Lafontant 14 juin 2011
Notes
| 1. | Par exemple, éducation, occupation et espérance de vie, Indice du Développement Humain, les Nations Unies |
| 2. | Paolo Freire, La pédagogie de lopprimé |
| 3. | http://occmed.oxfordjournals.org/content/59/3/209.short |
| 4. | http://www.metropolehaiti.com/metropole/full_une_fr.php?id=19211 |
| 5. | http://www.jstor.org/stable/1073586 |
| 6. | http://onlinelibrary.wiley.com/doi/10.1111/0022-4537.00186/pdf |
| 7. | Google Books: How many men are incarcerated because they cant pay child support? |
| 8. | Baril et al 2011 |
| 9. | La présence de Jacques S. Alexis. Port-au-Prince, Haïti. CRESFED 1956 |
| 10. | Le Discours antillais par Édouard Glissant |
| 11. | Profile dHaïti par la Banque Mondiale |
| 12. | http://www.prisonpolicy.org/scans/building.html |
| 13. | http://onpoint.wbur.org/2011/06/29/black-unemployment |
| 14. | Buts de Développement Millénaire par les Nations Unies |
| 15. | Paroles de Manze, la chanteuse de Buokman Eksperyans |
