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Haiti: Le père Jean-Juste laisse son lieu de détention

Une dépêche de AlterPresse, le dimanche 29 janvier 2006

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P-au-P.—Le prête catholique, Gérard Jean-Juste, détenu depuis juillet dernier à Port-au-Prince, a laissé ce 29 janvier son lieu de détention en direction de l’aéroport international Toussaint Louverture, a appris AlterPresse de source digne de foi.

Le père Jean-Juste, proche de l’ex président Jean Bertrand Aristide, devait prendre un vol vers les États-Unis. Il était accompagné de membres de la direction pénitentiaire, de hauts gradés de la police et de membres de la communauté internationale.

Le père Jean-Juste souffre de leucémie, selon un diagnostic établi par des médecins américains. Il avait confié à des défenseurs de droits humains qu’il ne souhaitait pas être soigné en Haïti.

Il avait également fait savoir à des militants de droits humains que le gouvernement aurait tenté de négocier avec lui en vue d’une libération conditionnelle, qu’il aurait refusée.

Gérard Jean Juste a été arrêté le 21 juillet à Pétionville (est de la capitale) en rapport avec l’assassinat du journaliste et poète Jacques Roche, enlevé le 10 juillet et assassiné 4 jours plus tard à Port-au-Prince, a fait savoir la police.

Auparavant, le 20 juillet, il a été entendu par le magistrat instructeur Jean Pérez Paul sur les actes de violences enregistrés dans la capitale depuis le 30 septembre 2004.

Le dossier de Jean-Juste était soumis à la cour d’appel de Port-au-Prince, où jusqu’au 27 janvier, aucune ordonnance n’a été rendue. On ne sait pas si entre-temps le nécessaire a été fait.

Selon des sources judiciaires, les décisions de la cour d’appel surviennent en moyenne au bout d’un mois après qu’une affaire lui ait été soumise.

Le 15 janvier dernier, le secrétariat de la Communauté de la Caraïbe (CARICOM) a réclamé la libération des détenus proches de l’ancien régime d’Aristide. Cette réclamation figurait dans une déclaration d’intention de dépêcher des observateurs en Haïti lors des prochaines élections présidentielles et législatives prévues pour le 7 février.

Avant de laisser Haïti le 24 janvier pour une visite de deux jours à Trinidad, Latortue a démenti une telle conditionnalité.

À Trinidad, un des principaux points abordés par Latortue et son homologue Patrick Manning a été celui de l’envoi d’observateurs de la région pour suivre le déroulement des élections. «Pourquoi les européens et l’Union africaine veulent envoyer des observateurs et pas les peuples de la CARICOM?», s’est interrogé Gérard Latortue après sa réunion avec Manning.

Le 27 janvier, la Mission Internationale d’Évaluation des Élections en Haïti (MIEEH) a annoncé que des observateurs à court terme de la CARICOM seront déployés en Haïti du 2 au 9 février dans le cadre des prochaines élections. [gp apr 29/01/06 13:00]

—AlterPresse: http://www.alterpresse.org/article.php3?id_article=4042

Le père Gérard Jean Juste a laissé Haïti pour les Etats-Unis

Une dépêche de Radio Kiskeya, posté le dimanche 29 janvier 2006 par Radio Kiskeya

Le père Gérard Jean Juste a laissé Port-au-Prince dimanche matin à destination des Etats-Unis, confirme un communiqué gouvernemental signé du Ministre de la justice et de la sécurité publique, Me. Henri Dorléans.

Le 27 janvier 2006, M. Gérard Jean Juste a été autorisé par le Commissaire du gouvernement près la Cour d’Appel de Port-au-Prince à se faire soigner dans un centre hospitalier de la capitale, précise le communiqué.

Le samedi 28, il a été transporté à l’Hôpital du Canapé Vert pour recevoir les soins que nécessite son état. Malheureusement, poursuit le communiqué, il n’y a pas été admis à cause de l’insuffisance des structures d’accueil.

«Face à la menace pour la vie de M. Jean Juste, à la requête du Ministère de la justice, le président de la Cour d’Appel de Port-au-Prince a rendu une ordonnance habilitant les instances concernées à prendre les dispositions pour permettre le départ de l’inculpé vers un pays où il peut être admis dans un centre spécialisé capable de lui prodiguer des soins appropriés.»

Le communiqué qui, à aucun moment ne fait référence au statut de prêtre de l’inculpé, conclut en précisant que dès que son état de santé le permettra, ce dernier devra se présenter par-devant la justice pour répondre des faits à lui reprochés.

—Radio Kiskeya: http://www.radiokiskeya.com/article.php3?id_article=1701

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